Staking et lending : état des lieux du régime fiscal en France

Staking et lending : état des lieux du régime fiscal en France
Le staking et le lending génèrent des revenus en crypto-actifs. Leur traitement fiscal reste incertain en droit français. Cet article présente un état des lieux des positions observées dans la doctrine.
Informations à jour au 28 janvier 2026. Le cadre fiscal est susceptible d'évoluer. Pour toute situation personnelle, consultez un conseiller fiscal.
1. Définitions
1.1 Staking
Le staking consiste à bloquer des crypto-actifs pour participer à la validation des transactions sur un réseau Proof of Stake (comme Ethereum). En échange, le "staker" reçoit des récompenses (rewards) sous forme de crypto-actifs.
1.2 Lending
Le lending consiste à prêter ses crypto-actifs à un protocole ou une plateforme en échange d'intérêts, versés en crypto-actifs.
1.3 Point commun
Dans les deux cas, le détenteur reçoit des crypto-actifs supplémentaires en rémunération de la mise à disposition de ses actifs.
2. Le problème fiscal
2.1 Absence de texte spécifique
La loi fiscale française ne prévoit pas explicitement le traitement du staking et du lending. Les contribuables et leurs conseils doivent donc raisonner par analogie.
2.2 La question centrale
Les rewards reçus sont-ils :
- Un revenu imposable dès leur réception ?
- Un simple accroissement du portefeuille, imposable seulement à la cession ?
3. Les deux approches possibles
3.1 Approche 1 : Imposition à la réception (BNC)
Raisonnement : Les rewards constituent un revenu de prestation (mise à disposition d'actifs), imposable au titre des bénéfices non commerciaux (BNC).Conséquences :
- Imposition à la valeur en euros au moment de la réception
- Le prix d'acquisition pour la future cession = valeur à la réception
- À la cession : plus-value = prix de cession - valeur à la réception
3.2 Approche 2 : Imposition à la cession uniquement
Raisonnement : Les rewards sont assimilables à une forme de "croissance" du portefeuille, comme des dividendes réinvestis. Pas d'imposition tant qu'il n'y a pas de cession contre monnaie légale.Conséquences :
- Pas d'imposition à la réception
- Prix d'acquisition = 0 (ou valeur symbolique)
- À la cession : plus-value = intégralité du prix de cession
4. La position généralement prudente
4.1 Tendance de la doctrine
Sans position officielle définitive, la tendance est de considérer que :
- Lending : s'apparente à une prestation générant des intérêts → BNC
- Staking : plus débattu, mais souvent assimilé à une rémunération de service → BNC
4.2 L'approche prudente
Déclarer les rewards comme BNC à la réception, puis appliquer le régime des plus-values à la cession.
Avantage : Évite le risque de redressement pour non-déclaration de revenus.
4.3 L'argument pour l'autre approche
Certains considèrent que les rewards de staking ne sont pas un "revenu" mais une forme de création monétaire (inflation du réseau). L'argumentation est techniquement défendable mais plus risquée.
5. Exemple de traitement prudent
5.1 Situation
Un client stake 10 ETH et reçoit 0,5 ETH de rewards sur l'année.
À la réception (fin d'année) :
- Valeur de 0,5 ETH : 1 500 € (cours du jour)
- Déclaration en BNC : 1 500 €
- Impôt : selon barème progressif (BNC) ou micro-BNC si applicable
À la cession (année suivante) :
- Vente de 0,5 ETH à 2 000 €
- Prix d'acquisition : 1 500 € (valeur à la réception)
- Plus-value : 500 €
- Impôt : 30 % × 500 = 150 €
5.2 Récapitulatif
Total imposé :
- BNC sur 1 500 € (au barème)
- Plus-value sur 500 € (à 30 %)
6. Les cas particuliers
6.1 Staking via plateforme centralisée
Quand le staking est réalisé via une plateforme (qui stake pour le compte du client), le traitement est similaire. Les rewards reçus sont assimilables à des intérêts.
6.2 Lending DeFi
Le lending sur protocoles décentralisés (Aave, Compound) suit la même logique : les intérêts reçus sont des revenus.
6.3 Liquid staking
Les tokens de liquid staking (stETH, rETH) peuvent complexifier le suivi. La conversion vers le token liquide peut être considérée comme neutre fiscalement, mais les rewards accumulés dans le token restent à traiter.
6.4 Airdrops de protocoles de staking
Certains protocoles distribuent des tokens supplémentaires (airdrops). Ces airdrops sont généralement considérés comme des revenus imposables à la réception.
7. Points d'attention pour les professionnels
7.1 L'incertitude du cadre
Le régime fiscal du staking et du lending n'est pas définitivement clarifié par le législateur. Les approches décrites dans cet article sont des interprétations doctrinales, non des positions officielles.
7.2 Les positions observées
Certains praticiens observent qu'une approche conservative (déclaration en BNC dès la réception) est souvent privilégiée pour limiter les risques de contentieux. Cette observation ne constitue pas une recommandation.
7.3 Recours aux professionnels compétents
Pour toute situation personnelle, le recours à un avocat fiscaliste ou un expert-comptable spécialisé est indispensable. Tilvest n'est pas habilité à fournir du conseil fiscal.
7.4 Documentation
La traçabilité des échanges et des choix effectués relève de la relation entre le client et son conseil fiscal.
8. L'évolution attendue
8.1 Clarification souhaitable
Le législateur ou l'administration fiscale pourrait clarifier le régime. Les professionnels du secteur demandent cette clarification.
8.2 Veille nécessaire
Le CGP doit maintenir une veille sur les évolutions (instructions fiscales, jurisprudence, positions de l'administration).
9. Impact sur le choix des mandats
9.1 Mandats avec staking/yield
Certains mandats de gestion incluent du staking ou du lending pour générer du rendement. Les clients doivent être informés des implications fiscales.
9.2 Reporting nécessaire
La plateforme doit fournir le détail des rewards perçus pour permettre la déclaration.
Conclusion
Le régime fiscal du staking et du lending reste flou en France. L'approche prudente consiste à déclarer les rewards comme revenus (BNC) à la réception, puis à appliquer le régime des plus-values à la cession.
Les CGP doivent informer leurs clients de cette incertitude et les orienter vers des experts fiscaux pour les situations significatives.
⚠️ AVERTISSEMENT FISCAL : Les informations fiscales présentées dans ce contenu sont fournies à titre informatif, à jour au 28 janvier 2026. Le régime fiscal du staking et du lending n'est pas définitivement clarifié par le législateur et est susceptible d'évoluer. Tilvest n'est pas habilité à fournir du conseil fiscal. Pour toute question relative à votre situation, consultez un conseiller fiscal ou un avocat spécialisé.
Suivi fiscal avec Tilvest
Tilvest fournit un reporting détaillé incluant les rewards de staking le cas échéant, facilitant le suivi fiscal de vos clients.
Contactez-nous pour en savoir plus.Articles connexes suggérés :
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FAQ
Comment sont imposés les crypto-actifs en France ?
Les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% lors de la cession contre monnaie légale.
Dois-je déclarer mes comptes crypto ?
Oui, les comptes sur plateformes étrangères doivent être déclarés via le formulaire 3916-bis.




